Pour mieux voir les images, cliquez dessus... AIX EN PROVENCE... A trente kilomètres au nord de Marseille, l'ancienne capitale tente de sortir de sa torpeur ; elle fut la résidence des Comtes de Provence, le siège du Parlement, et une place judiciaire et universitaire majeure de notre région, avant d'être reléguée au second rôle par le développement de Marseille la portuaire. Nobles et grands bourgeois y firent construire de somptueux hôtels particuliers, dont beaucoup subsistent encore. Elle est située dans une cuvette formée par le Montaiguet au Sud, Entremont (ancien oppidum) au nord et la montagne Sainte-Victoire à l'est. Durant ces trente dernières années, la ville s'est considérablement étendue jusqu'à absorber les villages environnants de Venelles, Luynes, Puyricard, Eguilles, et la population de cette agglomération a été multipliée par trois. ![]() La ville serait facilement accessible si les aixois étaient dotés d'un minimum d'esprit civique, ce qui est loin d'être le cas (je les connais bien, j'ai vécu quinze ans dans leur ville !). Les rues piétonnes sont envahies, notamment le matin, de voitures, les déjections canines y sont nombreuses, l'étroitesse des trottoirs des rues semi-piétonnes en rend dangereuse l'utilisation par la présence de panneaux de publicités et de perrons d'immeubles. La circulation automobile est caractérisée par des embouteillages endémiques ; le matin, n'entrez pas dans la vieille ville en voiture si vous ne voulez pas rester bloqué par des livreurs qui vous hurleront "je travaille, moi !", si vous manifestez votre impatience ! Le stationnement payant par horodateurs est généralisé dans la ville, mais gratuit pour les véhicules GIG-GIC. Les emplacements réservés sont nombreux, la plupart du temps occupés par des "indélicats" malgré une fourrière municipale particulièrement active. Aix fut une station thermale, et souhaite le redevenir par la réouverture actuelle des Thermes refaits à neuf. Mais les aixois se rappellent encore la fermeture en 1978 de l'unité d'embouteillage de l'eau de source, pour cause de pollution ; il n'est pas prévu d'en reprendre la production. De la place de la Libération et sa fontaine édifiante (les trois femmes représentent la Justice, l'Agriculture et les Beaux-Arts), partons en promenade...
Le Cours, c'est l'avenue phare de la ville. Coté pair, les banques installées dans des Hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècle ; en face, brasseries et commerces se succèdent. Le long des larges trottoirs, sur lesquels on roule facilement, les aixois et les autres aiment à flâner et à se montrer. Le défilé des voitures est permanent, qui à la recherche d'un stationnement impossible, qui voulant simplement exposer son six cylindres customisé décapoté... Ce peintre est né, a vécu et a peint à Aix-en-Provence ; jusqu'en 1981, on ne pouvait voir dans sa ville aucune de ses oeuvres ! Des travaux de mise en accessibilité du musée devraient être entrepris à l'automne 1999. Pour l'instant, tournons nos roues vers la place des Quatre Dauphins... Située au centre des deux rues principales du quartier Mazarin, elle fut aussi un lieu de spectacle pour le festival d'Art lyrique. Remontons maintenant par les rues Cardinale et Mistral vers le Cours, que nous traversons pour nous diriger vers la Mairie par les rues piétonnes. Les couvents et monastères ont tous été démantelés, devenant lycées ou collèges, voire simples éléments d'architecture subsistant le long des rues. Tournons à gauche, rue Espariat et roulons quelques mètres. Les façades ont été construites sur des maisons plus anciennes, à la manière d'un décor de théâtre "plaqué", et c'est bien l'impression que renvoie cette place charmante. La décoration de la fontaine date de 1912. Parfois, en été, des concerts sont donnés ici, et c'est beau... :-) Sur la gauche, la Mairie mérite une visite, pour l'harmonie de sa cour ; n'espérez pas y circuler, le sol fait de pavés grossiers est tueur de fauteuil... Passons sous l'horloge et montons la rue de Saporta ; en chemin, vous remarquerez sur la droite la place des Martyrs de la Résistance au fond de laquelle se trouve le théâtre de l'Archevêché, lieu mythique du Festival... Une oeuvre picturale attire les amateurs du monde entier : le triptyque du Buisson Ardent, peint par Nicolas Froment en 1476 . Les panneaux sont ouverts sur demande par le gardien ; il en est de même pour les portes monumentales de la Cathédrale sculptées par Jean Guiramand en 1510 (elles sont ordinairement protégées par des vantaux). Actuellement, un nouvel Aix est en construction ; des friches industrielles ont mis 20 ans à être érigées de grues bâtissant des centaines de bureaux et des logements par milliers dans tous les styles néos imaginables et à des prix très "parisiens" : rien à moins de 20.000 francs le mètre carré ! La perspective de la mise en service du T.G.V. sud-est, dans deux ans, génère une véritable frénésie immobilière. Aix, "fière de son passé et résolument tournée vers l'avenir", comme se plaisent à le dire les édiles ;-)
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