Des voyages subjectifs et vécus,
ou : "le tourisme est-il soluble dans l'accessibilité ?"
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Roma, città eterna.
Fondée en 753 avant Jésus-Christ par les fils jumeaux de Mars, Rémus et Romulus, elle fut le coeur du plus puissant des empires, est le siège d'une religion dite "universelle" et la capitale d'un pays aux jeux politiques compliqués.
Trois jours durant, au mois de mars 1998, j'ai arpenté les rues de cette ville merveilleuse. De la Piazza della Republica à la Piazza Navona, du Vatican au Palais du Quirinal, du Forum au Château Saint-Ange. Voici quelques impressions de voyage et conseils d'accessibilité vécus et donc très subjectifs ! ;-)
L'aéroport Michelangelo de Fiumicino est remarquable ; les pistes sont très longues, et l'avion y roule longtemps et très vite. L'assistance au débarquement est longue à venir et trois équipes différentes s'en occupent. Pazienza e complicazione... Surprise : le train qui nous mène à la gare romaine Termini est accessible en fauteuil. Autre surprise : les nouveaux bus urbains sont équipés d'une rampe escamotable ; quelques lignes en sont dotées, dont la 64 Termini-Vatican.
Les trottoirs sont bas, aux angles surbaissés. Les voitures ne stationnent pas dessus et il n'y a pas de bittes et autres poteaux de protection. L'automobiliste moyen est respectueux du piéton : il s'arrête aux passages protégés, ne klaxonne pas dans les rues étroites, ne bloque pas les carrefours... Il parait que ça n'a pas toujours été comme ça.
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Le Foro Romano. Lieu de commerce et de pouvoir, sa construction débuta sous Tarquin, vers 600 avant J-C. La Via Sacra le traverse, jadis parcourue par les triomphes de César (voir Astérix et Shakespeare pour les détails ;-)). Il est surplombé par le Palais des Empereurs, le Palatin, bâti sur la colline du même nom. Deux accès pour les personnes en fauteuil sont marqués d'un point bleu sur la carte. L'entrée est gratuite. Voyez-donc un superbe panoramique du Forum, du Capitole au Colosseo : PANO01.JPG (55 Ko)... |
La dernière déco à la mode, pour les bâtiments publics, c'est la bâche. Plus de 250 chantiers parsèment la ville, qui se fait une beauté pour le Jubilé de l'an 2.000. Avertissement : défiez-vous des camions jaunes qui vendent Bibite et Gelati : vous paierez 2 sandwiches et une bouteille d'eau 30.000 lires (divisez par 300 pour la valeur en francs) !
Un pin au coeur du Palatin. Du Palais Palatin, les empereurs romains régnaient sur un territoire qui s'étendait de l'Atlantique au fleuve Euphrate. Les briques étaient recouvertes de marbre ou de fresques peintes sur du stuc. C'est aujourd'hui un lieu de promenade et de repos pour les jeunes et les étudiants qui y entrent gratuitement. Les autres visiteurs s'acquittent d'un droit de 12.000 lires. Le Palatin est visitable en fauteuil, en étant de préférence accompagné : le sol est en terre ou grandes dalles disjointes, les pentes assez fortes. Le musée (cherchez le bâtiment mussolinien) n'est pas accessible. |  |
Un site de promenade nocturne : la Fontaine de Trevi (Mastroianni, Ekberg, Fellini, Dolce Vita ;-)). Baignade interdite et (apparemment) surveillée. Jetez-y une pièce pour la fortune des employés municipaux. Les rues sont (bien) pavées, et quelques voitures s'y aventurent...
 | Fresques à la Villa Giulia. Construite à la Renaissance pour le Pape Jules II, elle présente de superbes fresques. Cette décoration était aussi celle des villas antiques. La Villa Giulia abrite le musée d'art étrusque, avec notamment le fameux "sarcophage des époux". Les bijoux en or, dont on m'a vanté la beauté et la finesse, sont tous "in restoro"; il semble aussi que les vases les plus "cochons" aient été retirés des vitrines ;-). |
Ce musée est inaccessible en fauteuil ; les salles d'exposition sont en entresol et premier étage. Un tombeau étrusque est reconstitué au sous-sol. Le jardin est très agréable et débouche sur un nymphée. L'entrée coûte 8.000 lires. A la librairie vous trouverez des reproductions fidèles et en métal de sculptures étrusques, pour l'équivalent de 250 à 400 francs.
Je voulais visiter la Villa Borghese et ses collections de peinture : enfer et damnation ! Il faut réserver par téléphone plusieurs jours à l'avance et il ne semble pas être accessible (mais je n'ai pu m'en assurer). Un bulldozer a terrassé les jardins naguère superbes, victimes du syndrome Jubileo 2.000. A voir prochainement, donc...
La jeunesse romaine se donne rendez-vous le soir au Pincio ; jardin qui surplombe la Piazza del Popolo (in grande restoro), c'est un défilé de Vespas et autres scooters, de rollers et voitures de cakes (synonyme marseillais de frimeurs, mais en plus grave). Rigolade et pétarade face au plus beau panorama de la ville... à voir ici : PANO02.JPG (38 Ko)...
Sur le chemin du Vatican, arrêtez-vous devant le Château Saint-Ange ; c'est de son chemin de ronde que Floria Tosca se jeta jadis (selon Victorien Sardou et Giacomo Puccini) dans un ultime blasphème. Conçu comme lieu de protection des Papes, il fait face à un pont orné d'anges de pierre sculptés par le Bernin. C'est aussi le lieu de concentration des vendeurs de maroquinerie contrefaite ; si l'un de vos amis, de retour de Rome, vous a offert un sac Vuinel ou Chatton, vous savez maintenant où il l'a acheté !
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Piazza San Pietro, dimanche midi, dans l'attente de la bénédiction papale. Chaque dimanche, Sua Santità Jean-Paul II béni la foule massée sur la Place Saint-Pierre, au Vatican. Dans la matinée, avait lieu une messe de béatification : groupe de pèlerins à foulards distinctifs, télévision dans la Basilique, Monsignore en grand apparat... |  |
La Basilique Saint-Pierre est le plus grand édifice catholique romain et le proclame par l'exemple : vous verrez incrustée dans le sol l'emprise des cathédrales et autres édifices. Du marbre sur tous les murs, de l'or doré à l'or recouvrant la voûte, la richesse de la Papauté est éclatante et plutôt ostentatoire. Dans un coin à droite, la Pietà de Michelange. Au sous-sol, la crypte des Papes rassemble quelques-uns des centaines de souverains pontifes ; à voir particulièrement, le tombeau de Saint Pierre, fondateur de l'Église. La façade de la Basilique est dans les bâches. Je crains que vous deviez faire appel aux bonnes volontés pour accéder à l'intérieur ; je n'ai pas vu de rampe pour les fauteuils. Côté Musée, c'est bien mieux.
 | Vous accédez aux Musées du Vatican par le point rouge. Pour entrer aux musées, la file d'attente peut-être importante, alors prenez le trottoir d'en face puis faites vous aider par les policiers. L'accessibilité est totale (primée en 1989 dans le cadre d'Hélios I est-il écrit dans l'ascenseur). Pour ceux qui marchent difficilement, des fauteuils roulants sont prêtés (à demander au contrôle des billets). Le prix de la visite est de 15.000 lires. Je vous déconseille la cafétéria : cantines et hôpitaux servent une meilleure pitance. Si vous avez cette témérité, demandez de l'aide au personnel de surveillance, c'est vraiment nécessaire. |
Les plus grandes merveilles des arts plastiques de la Renaissance sont là. Appartements Borgia (lignée de Pontifex Maximus empoisonneurs et à famille nombreuse), chambres décorés par Raphaël pour Jules II, fresques de Fra Angelico dans la chapelle de Nicolas V et in fine Chapelle Sixtine. Il reste une bâche sur un mur, la restauration financée par les japonais de la NHK n'étant pas terminée. Michelange se massacra le dos en peignant des fresques universellement célèbres (le doigt de Dieu, Adam et Eve chassés du Paradis). Quelques feuilles de vigne ont été enlevées grâce à la restauration.

Un petit handinaute en plein coeur de la chrétienté ! ;-)
La visite ne saurait être complète sans gastronomie. Pour déjeuner, vous trouverez des restaurants qui proposent des menus touristiques à 25.000 lires ; à la carte, comptez 45 à 55.000 lires avec l'eau (en bouteille) et le vin. Un repas comporte généralement une entrée, un premier plat, un plat de viande (accompagnement généralement en supplément) et un dessert. La charcuterie est délicieusement fine (ah, il prosciutto !). Les fromages incomparables : parmigiano, mozzarella... A déguster, le Tartuffo, coeur de glace vanille enrobé de chocolat et recouvert de poudre de cacao...
ARRI-VEDER-CI ROOOMA... !!!
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