Ces sujets quotidiens qui nous empoisonnent la vie... Par exemple : comment se déplacer lorsque l'on est physiquement handicapé et financièrement limité ?
Profiter de la vie, c'est sortir, voyager, aller au travail, au spectacle ou en vacances. Pour cela il faut se déplacer. Dans notre ère moderne, est-ce bien si facile ?
Un tétraplégique peut certainement voyager en train, si la liaison est équipée en rampes d'accès et s'il est accompagné. Pour les bus urbains et métros, l'essai est plutôt déconseillé avant l'an 2000 et quelques... En revanche, il y a fort à parier qu'il ne pourra voyager en avion sur son propre fauteuil (sauf en Amérique du Nord, bien sûr !). Une certaine compagnie européenne a même demandé un certificat médical, et à défaut l'autorisation du commandant de bord, pour embarquer un IMC par ailleurs en parfaite santé... Bien sûr, s'il habite une zone desservie, notre tétraplégique peut toujours utiliser un transport adapté s'il est en compte, commande son trajet l'avant-veille, s'arme de patience au départ et à l'arrivée, etc, etc...
Tout le monde sait, bien sûr, que les handicapés ont des revenus inférieurs à la moyenne nationale ; aussi l'accompagnateur du tétraplégique voyage-t-il gratuitement en train ou avion (si l'accompagné peut y accéder évidemment !). Quant au tarif réduit des bus urbains, il reste réservé aux mutilés et invalides de guerre. Le transport adapté, d'une accessibilité totale, est en France financièrement ruineux. A Marseille, par exemple, 36 FF pour aller en ville ; à Montréal, il coûte le même prix que le bus "normal", soit... 6 FF !
Reste donc le plus souple des moyens de déplacement : la bagnole. A condition de pouvoir conduire, de satisfaire aux examens médicaux et d'adapter un véhicule (dont on pourra peut-être vous faire grâce du paiement de la vignette) : exit tétraplégique, épileptique, aveugle... 65.000 FF minimum pour un véhicule neuf (soit 19 mois d'Allocation aux Adultes Handicapés...), équipement en sus. Jadis, l'aménagement pouvait être financé par la Sécurité Sociale : c'était trop beau ! Il paraît que l'AGEFIPH peut financer sous certaines conditions, avec un projet d'action, un plan de financement, un budget prévisionnel..........
D'aucuns discourent sur l'insertion, voire l'intégration. Dans notre beau pays de France on voit peu de handicapés en ville et il ne faut pas se demander longtemps pourquoi...
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