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Le Petit Handinaute Illustré : polémique

Ces sujets quotidiens qui nous empoisonnent la vie...

Handicapés riches contre handicapés pauvres...




On se déchirait encore à belles dents sur fr.misc.handicap au début de l'été 99 sur le thème des tarifs spéciaux pour les personnes handicapées. Au delà des invectives et propos intrusifs dans la vie privée, habituels dans ce groupe de discussion, une dichotomie a été mise en évidence : il y a des handis riches et d'autres pauvres. Et les premiers ne semblent guère soucieux des conditions de vie des seconds. Y aurait-il une lutte des classes, comme dirait Karl Marx, chez les personnes handicapées ?

Plantons le décor. D'un côté, pour beaucoup de personnes subissant un handicap lourd depuis leur naissance ou presque, les moyens d'existence se réduisent aux prestations de la solidarité nationale : 3.400 à 4.100FF d'Allocation Adulte Handicapé, complétés éventuellement d'une allocation pour tierce personne ou logement ; les pensionnés d'invalidité ont généralement des ressources équivalentes. De l'autre, les victimes d'accident indemnisées par une assurance privée ; capital et rente représentent quelques millions de francs selon le degré d'incapacité physique permanente, versés à vie, que ces personnes soient ou non responsables de leur malheur. Les premiers peuvent vivre tranquillement en se contentant de peu. Les seconds peuvent acheter un appartement aménagé, rouler en Porsche ou 4x4, voyager à l'étranger, pratiquer des sports chers... et revendiquer de payer plein pot leurs activités.

Quelles sont donc ces prix spéciaux qui font hurler certains ? L'entrée gratuite dans des musées nationaux et les sites de la Caisse des Monuments Historiques : la plupart sont inaccessibles aux personnes en fauteuil roulant et ne proposent pas d'aménagements aux aveugles. Une réduction sur les billets de chemin de fer : elle est équivalente voire inférieure aux tarifs proposés au "tout venant", qui lui peut emprunter tous les trains qu'il veut, pour toutes les destinations ; en France, seules 300 gares disposent d'un équipement d'accès aux trains pour les personnes en fauteuil. Une remise sur l'abonnement téléphonique... de l'année prochaine. Un stationnement gratuit des véhicules GIC-GIG dans quelques villes dont Paris...

Il y en a certainement d'autres. Mais il nous semble par contre que la liste des surcoûts est nettement plus longue : l'acquéreur d'un fauteuil roulant est généralement remboursé du tiers de sa dépense. Les prothèses auditives ne sont financées qu'à hauteur de 850FF, et pour une oreille seulement ! Les soins et produits indispensables, tels certains modèles de sondes urinaires, ne font l'objet d'aucune prise en charge. L'édition Braille d'un livre est chère. L'équipement de commandes adaptées sur un véhicule est souvent intégralement à la charge du bénéficiaire. L'aménagement d'un appartement n'est subventionné que partiellement, selon des modalités complexes. Les transports adaptés coûtent souvent à peine moins cher que le taxi.

Arrêtons là cette énumération. Les handicaps restent largement à compenser dans notre pays, comme dans bien d'autres. Tant mieux si certaines personnes peuvent faire face par leurs propres moyens aux dépenses spécifiques nécessitées par leur état. Mais de là à mépriser les difficultés rencontrées par leurs frères de handicap...



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