Ces sujets quotidiens qui nous empoisonnent la vie...
POUR UN SERVICE NATIONAL DU TRANSPORT ADAPTÉ.

Il n'est pas possible aujourd'hui en France à une personne handicapée dépendante de se déplacer en utilisant un service de transport adapté sans qu'elle effectue au préalable de nombreuses formalités : on lui demande de remplir un dossier d'admission, de justifier de son handicap, éventuellement d'être examinée par un médecin et, tant qu'à faire, d'être "suffisamment" pauvre... Bien évidemment, ces lourdes contraintes sont appliquées aux personnes les moins autonomes c'est- à- dire les plus en difficulté pour les subir !
Pour la plupart des usagers, ce transport est cher : l'équivalent de deux tickets de bus au prix de détail pour Lyon (Optibus), deux à quatre tickets pour Marseille (Gihp), six tickets dans Paris (Gihp). Il est néanmoins gratuit pour les enfants et adolescents scolarisés ainsi que pour les étudiants se rendant sur leur lieu d'étude. Les services spécialisés sont généralement subventionnés dans le cadre d'une "délégation de service public". Cela veut dire qu'ils sont un morceau du service devant être rendu au public et qui est confié pour des raisons particulières à un organisme privé, qu'il soit associatif ou lucratif (sociétés, ambulanciers, taxis).
Dans les faits, on a l'impression que les élus locaux, qui ont la responsabilité de mettre en place un service de transport urbain pour leurs concitoyens, se déchargent purement et simplement de leur obligation vis- à- vis des personnes handicapées dépendantes en confiant le soin de les transporter à des tiers. Un peu sur le mode "on fait quelque chose, on subventionne un service spécialisé". Et ils ne veulent pas voir la lourdeur des formalités, la saturation des réseaux, le coût élevé payé par l'usager. Certains élus osent justifier ce prix par le fait que le service fait du "porte- à- porte", considérant qu'il s'agit de taxis spécialisés !
Le ministère des Transports a la possibilité de régler cette situation indigne d'un grand pays, par une réglementation instituant un service national du transport urbain des personnes handicapées. Ce service pourrait être ouvert de plein droit et sans formalité à tous les titulaires de la Carte d'Invalidité et aux invalides militaires. Il serait effectué par les régies et sociétés assurant les transports en commun dans nos villes. Son utilisation coûterait le même prix que l'autobus ou le métro, le déficit prévisible de ce service étant noyé dans la masse des transports "classiques". Après tout, nos voisins belges et nos "cousins" québécois le font en partie, pourquoi nous- autres français n'en serions- nous pas capables ?
Ce serait certainement la seule manière de doter le transport adapté des moyens qui lui font défaut : des véhicules en nombre suffisant, bien entretenus, conduits par des chauffeurs qualifiés. On sait bien que nombre d'associations doivent quémander des minibus, manquent d'argent pour les maintenir en bon état, ont recours à des contrats aidés (CES ou Emplois- Jeunes) pour payer les salaires des chauffeurs. Ce serait aussi le meilleur moyen de libérer ce besoin spécifique aux personnes handicapées des arrière- pensées électoralistes ou misérabilistes de nombreux élus locaux.
Le ministère des Transports oblige aujourd'hui les villes à s'équiper d'autobus à plancher bas accessibles aux personnes en fauteuil roulant (il ne subventionne que ceux- là). Les annonces sonores et visuelles des arrêts ne sont pas encore obligatoires mais ces dispositifs se répandent tant ils sont utiles pour tous les usagers. La plupart des personnes handicapées physiques ou sensorielles vont pouvoir assez aisément, au cours des prochaines années, emprunter les autobus urbains. Les handicapés dépendants, dont le nombre augmente régulièrement, ne risquent- ils pas de rester à l'écart de ce progrès?
La réponse appartient au Ministre...

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