Ces sujets quotidiens qui nous empoisonnent la vie...
Ce mois-ci :
"(in)accessibilité, cas pratique"
L'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite des locaux neufs ou rénovés des établissements recevant du public (ERP) est une obligation. La loi interdit leur ouverture s'ils ne sont pas conformes aux normes. Examinons donc un cas pratique : la Maison d'Accueil Social du 1er arrondissement de Marseille.
Derrière ce joli nom se cache l'antenne de la Caisse d'Allocations Familiales installée, depuis l'automne dernier, rue d'Oran dans les anciens locaux de la Brigade des Stups ! La rue est pentue, bien évidemment, et le stationnement, dans cette rue étroite, est pratiquement impossible. Cerise sur le gâteau, les trottoirs sont très étroits et sans protection du stationnement "sauvage". Récompense suprême, la propreté de la rue laisse à désirer au vu des déjections canines qui la parsèment.
J'entre dans la Maison d'Accueil Social du 1er arrondissement de Marseille. La porte automatique s'ouvre sur un escalier, large certes, mais plutôt raide, comportant une douzaine de marches. Sur la gauche se trouve l'ascenseur indispensable aux personnes à mobilité réduite. J'appuie sur son bouton d'appel : une sonnerie retentit. La porte ne s'ouvre pas. Je monte l'escalier (puisque je le peux) et je vois un employé sortir de "l'aquarium". Je lui demande des explications. Réponse : "il est en panne depuis hier, et de plus il est verrouillé. Seul un agent peut le mettre en service".
Je fais remarquer à cet agent que toute personne qui sortirait de l'ascenseur rencontrerait trois sièges placés dans le cheminement. Je précise qu'à l'étage, la porte de l'ascenseur s'ouvre vers la gauche, et que les sièges résident le long du mur de droite. Un fauteuil roulant ne passe pas, et une poussette d'enfant non plus. Réponse : "depuis l'ouverture, seules deux personnes en fauteuil roulant sont venues ; si le cas se présentait, nous déplacerions les chaises".
Je lui demande alors pourquoi ne pas déplacer maintenant ces chaises, puisqu'elles gênent l'accès. Réponse : "vous savez, ces chaises ne sont pas fixées, et d'autres se déplacent dans la journée, alors lorsqu'il y en aura besoin, on le fera". Sur ce, l'employé tourne les talons et disparaît dans un bureau.
On peut se demander comment un équipement qui est inutilisé peut tomber en panne. Mais ce qui est odieux, c'est cette indifférence qui confine au je-m'en-foutisme. Et au delà des handicapés des membre inférieurs, les enfants en poussette, les personnes qui marchent avec une canne peuvent se brosser pour utiliser cet équipement.
J'espère qu'en plus la Caisse n'a pas été subventionnée pour cette (in)accessibilité !!!
Post scriptum : la copie papier de cette page a été envoyée au début du mois de mars 1998 au directeur de ce bureau de la CAF. A la fin du même mois, au cours d'une nouvelle visite dans les locaux : suprise ! Un réparateur s'intéressait de près à la remise en service de l'ascenseur ; quant aux fameuses chaises, elles avaient été miraculeusement déplacées... Moralité : faisons du scandale, il en restera toujours quelque chose ! ;-)
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