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Le Petit Handinaute Illustré : polémique

Ces sujets quotidiens qui nous empoisonnent la vie...
Ce mois-ci :
"Peut-on vivre avec l'Allocation aux Adultes Handicapés ?"




  • 3.470 francs, tel est le montant mensuel de l'Allocation aux Adultes Handicapés. Cette somme est-elle suffisante pour mener une vie décente ?

    Le mouvement de protestation des chômeurs a placé les "minima sociaux" sous les feux de l'actualité. L'AAH est l'un de ces minima ; réservée aux français, aux ressortissants de l'Union Européenne ainsi qu'aux réfugiés et apatrides, elle est attribuée par la COTOREP lorsque cette dernière estime qu'une personne est frappée d'une invalidité d'au moins 80% ou est inapte au travail.

    Ceux qui ont connu l'avant 1981 se rappellent l'aumône qu'était cette allocation ; 1.300 francs en 1979, pas même la moitié du SMIC. La forte revalorisation du début des années 80 a permis aux allocataires de disposer d'un revenu décent ; il devenait possible de se loger et de faire face aux besoins quotidiens.

    Au fil des ans, la revalorisation de l'AAH, inférieure à la hausse des prix, et le blocage des aides au logement ont réduit le pouvoir d'achat ; dans la même période, l'augmentation importante des loyers a grevé les budgets. Aujourd'hui, le quotidien des allocataires, c'est calculer chaque dépense essentielle, rogner sur les dépenses de loisirs, de culture et même de santé. Rappelons aussi que les allocations sont réduites en cas d'hospitalisation supérieure à 60 jours (-35% pour un bénéficiaire non marié) ; que dire aussi des personnes placées en Maison d'Accueil Spécialisée auxquelles il est laissé royalement 416 francs d'AAH !

    Et pourtant, l'allocation représente environ les deux tiers du SMIC net. Elle peut être complétée en cas de vie "autonome", et ouvre alors droit à l'allocation logement ; dans ce cas, les prestations peuvent dépasser le salaire minimum. N'oublions pas le salarié paie, lui, l'impôt sur le revenu, la redevance télévision, la vignette automobile... Depuis quelques années, les gouvernements successifs ont fortement réduit les cotisations sociales payées sur les bas salaires (jusqu'à 130% du SMIC) ; le nombre de travailleurs employés ainsi à presque doublé en cinq ans. Ils forment une nouvelle catégorie sociale, les salariés pauvres ; leur salaire leur permet juste de faire face aux besoins essentiels, logement et nourriture, et rien ou presque pour les loisirs ou les vacances.

    Beaucoup demandent, à raison, l'indexation des allocations sur la hausse des prix ; quelques associations exigent une AAH égale au SMIC. Gardons-nous pourtant de revendiquer "dans notre coin" ; ce sont tous les bas revenus, qu'ils soient minima sociaux ou salaires, qui ont été laminé par la crise.

    Agir ensemble, salariés et allocataires, handicapés et valides, est une démarche citoyenne pour l'intégration de tous dans notre société, pour que chacun de nous aie les moyens de vivre décemment et de s'assumer pleinement...

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