Un nom, commun et propre...
Borgne adj.
1 - A qui il manque un oeil, détruit ou devenu incapable de voir. Homme, femme, cheval borgne. Où toujours les héros passe pour sans pareil, Et, fût-il louche ou borgne, est réputé soleil, Boil. Ep. IX. Fig. Changer son cheval borgne contre un aveugle, changer une position médiocre pour une pire. Jaser comme une pie borgne, babiller, parler sans cesse.
2 - Fig. Chétif, sans apparence. La Maréchale d'Humières se retira dans une maison borgne, au-dehors des Carmélites du faubourg Saint- Jacques, St-Sim. 23,14. Un cabaret borgne, cabaret mal famé ou de mauvaise apparence. Un compte borgne, compte dont les articles ne sont pas clairs. Un conte borgne, un conte ridicule, sans vraisemblance. Chou borgne, chou privé de bourgeon terminal, ce qui l'empêche de pommer. Téton borgne, téton qui n'a pas de mamelon. Je m'aperçus qu'elle avait un téton borgne. J.J. Rouss. Confess. 2e part. Liv. VII, 1743 - 1744. Terme militaire. Grenade borgne ou aveugle, celle qui s'allume en tombant. Fenêtre borgne se disait, dans l'ancienne jurisprudence, d'une fenêtre qui donnait du jour, sans donner aucune vue. Terme de marine. Ancre borgne, ancre qui n'a qu'une patte ou qui est mouillée sans bouée. Terme de chirurgie. Fistule borgne, fistule qui n'a qu'une ouverture au- dehors sans en avoir dans l'intérieur.
3 - Substantivement, personne borgne. Un vilain borgne. Nom vulgaire de l'orvet, reptile saurien apode qui passe à tort pour venimeux. Nom vulgaire de la mésange charbonnière. Proverbe. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, c'est à dire parmi les incapables les gens médiocres ne laissent pas de briller.
Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré - Hachette 1883

HORACE NELSON (1758-1805)
vicomte et amiral anglais
Nelson eut deux rencontres douloureuses avec la Corse : la première à Calvi lors de la prise de la cité lui emporta un oeil, la seconde à Trafalgar avec la flotte de l'ajaccien Napoleone di Buonaparte lui coûta la vie. Il avait entre temps laissé un bras aux espagnols. Cela ne l'empêcha pas de viser juste et de commander ferme, hélas pour notre France qui y perdit sa flotte. Albion sera toujours perfide ;-)...
Entré dans la marine à l'âge de douze ans, Horatio Nelson prend part à la guerre d'Amérique, puis il est affecté en 1793 à l'escadre de l'amiral Hood engagée contre la France en Méditerranée. C'est là, lors du siège et de la prise de Calvi, qu'il perd l'oeil droit. Trois ans plus tard, à la bataille du cap Saint-Vincent, Nelson, qui commande le Captain sous les ordres de Jervi, prend à l'abordage deux vaisseaux espagnols et gagne ses galons de contre- amiral. Puis, c'est, en juillet 1797, l'échec devant Santa Cruz de Tenerife, où Nelson a le bras droit emporté. En 1798, Nelson est chargé de couper la route à la flottille française qui emmène Bonaparte en Égypte. Mais partout elle lui échappe : à Malte, à Candie, à Alexandrie même. Enfin, le 1er août, en rade d'Aboukir, Nelson attaque et détruit la flotte française ; l'amiral Brueys, qui la commande, est tué. Il vient d'enlever à la République sa dernière escadre et de couper à Bonaparte le chemin du retour. De là, Nelson se rend à Naples en proie aux révolutionnaires qui veulent renverser le roi Ferdinand IV. On lui reproche beaucoup la répression féroce pour rétablir la monarchie, permise par la reine Marie- Caroline, et sa favorite, lady Hamilton, avec laquelle il noue une liaison.
Rappelé par le gouvernement anglais, il conduit, en qualité de vice- amiral, la flotte britannique devant Copenhague où il anéantit la flotte danoise. Puis il reprend la lutte contre la France. C'est lui qui barre la route de la Manche à Napoléon qui, de Boulogne, voulait débarquer en Angleterre pour trancher le noeud de la coalition.
C'est lui qui poursuit en Méditerranée l'escadre commandée par l'amiral de Villeneuve. Indécis, persuadé de son infériorité, celui-ci se laisse bloquer dans le port de Cadix avec une escadre espagnole. Malgré les ordres de l'Empereur, Villeneuve sort pour affronter l'ennemi. Le 21 octobre 1805, au large du cap de Trafalgar, Nelson rencontre les deux flottes française et espagnole, toutes deux mal armées, mal encadrées et peu manoeuvrières. Après avoir galvanisé ses équipages ("L'Angleterre compte que chacun fera son devoir !"), l'amiral fonce sur l'ennemi en deux colonnes, bien qu'il n'ait que sept vaisseaux à trois ponts contre quatre. Grièvement blessé sur le pont du Victory , Nelson apprend, avant de mourir, que sa patrie est victorieuse. Les trente- trois vaisseaux de l'escadre franco- espagnole sont capturés ou en fuite. Villeneuve est prisonnier. La France n'a plus de marine et la patrie de Nelson demeure vraiment maîtresse des mers.
(D'après l'Encyclopaedia Universalis)

|