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Le Petit Handinaute Illustré - vocabulaire : Amputer

Un nom, commun et propre...


Amputer n.f.

Amputer v. tr. Est emprunté en moyen français (1480) au latin amputare "tailler tout autour", d'où "mutiler", composé de am- et de putare "émonder les arbres" et "apurer un compte", puis "calculer" (spécialisation d'un sens général, "nettoyer"). Le mot est peut-être indo-européen (cf. sanskrit pùtà "purifier"), mais sa relation avec purus n'est pas assurée. D'autres composés latins de putare ont donné des mots français (comput, disputer, imputer, réputé, supputer).

Le verbe s'est spécialisé au XVIe siècle en chirurgie (A. Paré) et dans des emplois figurés, attestés en premier. On a dit aussi amputer un arbre (1519) "tailler", par latinisme. Au XIXe siècle on passe par métonymie de amputer un membre à amputer qqn (1835) et un nouveau figuré apparaît : "retrancher une partie de" en parlant d'un pays, d'une propriété et aussi d'un texte (1842). Amputé, ée, adjectivé au figuré (1611) se dit d'un membre coupé (1829) et d'une personne dont on a coupé un membre, aussi substantif (1ère moitié du XIXe siècle, Chateaubriand). On parle en psychophysiologie de l'illusion des amputés (1879), par laquelle un membre coupé est encore perçu. Au figuré, amputé de qqch. ou de qqn correspond à "privé de" (v. 1880).

Amputation, n.f. est emprunté au dérivé latin amputatio. le mot s'emploie en chirurgie (1478) et au figuré dans un contexte abstrait (1521), puis en horticulture (1826). De nouveaux sens figurés, comme pour le verbe, apparaissent au XIXe siècle ("retranchement important", 1866) et au XXe siècle ("abrègement d'un mot, coupe", 1955).

Dictionnaire Historique de la langue française - Robert 1992


Photo : Lucien Bouchard en compagnie de Lise Thibault, Lieutenant Gouverneur du Québec


LUCIEN BOUCHARD
Premier Ministre du Québec


Il dirige le gouvernement de la "Belle Province" depuis la démission, consécutive à ses écarts de langage ethnologiquement très incorrects, du gouailleur Jacques Parizeau. Né en 1938, c'est un élu du Québec profond ; il est député de Jonquière, près de Chicoutimi, au bord de la rivière Saguenay. Avocat de profession, il exerçe pendant une vingtaine d'années, tout en commençant une carrière politique qui le conduit à la fonction d'Ambassadeur du Canada en France (1985-88). Il rentre ensuite au Québec pour se faire simultanément élire député de Lac Saint- Jean aux Communes (groupe Conservateur) et nommer secrétaire d'État du Canada, puis ministre de l'Environnement jusqu'en 1990. Il créé alors le Bloc Québécois, qui regroupe les députés indépendants du Québec, et en est élu président quelques mois plus tard. Cet homme réservé mais fin politique prend la tête du Parti Québécois lors de la chute de Parizeau en 1995.

Curieusement, on trouve peu d'informations sur l'amputation de jambe qu'il dut subir ; sa biographie officielle ne l'évoque pas. Par pudeur probablement...

Au moins un article "online" parle de son handicap, sous le titre "Lucien Bouchard ému aux larmes", paru le 28 mai 1996 dans le Journal de Québec. On y apprend qu'il fut victime d'une bactérie mangeuse de chair (streptocoque B). L'ergothérapeute qui le rééduqua déclarait : "il est exceptionnel de voir un patient ayant une vie publique comme M. Bouchard ne jamais être vu en chaise roulante ou sans sa prothèse". On n'aurait pas mieux dit...



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