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Le Petit Handinaute - vocabulaire : Fracture - Henri de Toulouse-Lautrec
Un nom, commun et propre...


Fracture s.f.

terme de Chirurgie, solution de continuité ou division faite subitement dans les os, par la violence de quelque cause extérieure contondante. On appelle plaies de l'os, les divisions qui y sont faites par un instrument tranchant.

Les fractures sont transversales, obliques, ou longitudinales. Les praticiens n'admettent point la fracture simple de l'os, suivant sa longueur ; parce qu'il n'y a aucun coup capable de fendre l'os en long, qui ne puisse le rompre de travers avec bien plus de facilité. On trouve néanmoins, à la suite des plaies d'armes à feu, les os fendus suivant leur longueur, jusque dans les articulations : mais ces exemples ne prouvent point la possibilité de la fracture longitudinale simple. [...]

Les coups, les chutes, les violents efforts, de quelque nature qu'ils soient, sont les causes les plus ordinaires des fractures. On appelle fracture de cause interne celles qui se font à l'occasion d'une cause très légère, à cause des dispositions internes qui rendent les os très fragiles : telles sont la carie, l'exostose, la mollesse, & autres états, contre nature, qui dépendent de diverses dépravations de la lymphe & du sang, comme la vérole, le scorbut, le virus écrouelleux, le levain cancéreux. [...]

La cure des fractures consiste premièrement à réduire l'os fracturé dans sa situation naturelle ; secondement à l'y retenir, moyennant les appareils convenables ; troisièmement à corriger les accidents, & à prévenir ceux qui pourraient arriver. [...]

Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers. - Diderot et D'Alembert, Paris 1757.


Image : Henri de Toulouse-Lautrec


HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (1864-1901)
peintre, lithographe et affichiste


On ne dénoncera jamais assez les fâcheuses conséquences de la consanguinité ! C'est certainement parce que son père avait marié une cousine germaine que Henri Marie Raymond de Toulouse- Lautrec- Monfa eut une santé précaire. Une maladie des os empêcha la parfaite réparation de fractures à ses deux fémurs, lui laissant des jambes courtes et déformées. Certains auteurs suspectent aussi une anomalie du développement humain, la "persistance des fontanelles" ou pycnodysostose avec nanisme. Toulouse- Lautrec, peu gâté par son hérédité bien qu'issu de l'aristocratie albigeoise, surmonta son infirmité par la peinture.

L'essentiel de son oeuvre nous plonge dans le Paris canaille des vingt dernières années du XIXe siècle. Habitué des maisons closes, des cabarets et des beuglants, assidu du Moulin Rouge, du Rat- Mort, de l'Elysée- Montmartre, il peint avec une infinie tendresse les artistes et les prostituées, les acrobates et les bateleurs, croque férocement les spectateurs libidineux et les proxénètes faisandés. Il immortalise les danseuses de cancan : Nini Patte- en- l'air, Trompe- la- Mort, La Goulue. Il semble passionné par les jambes des femmes, représentées tels des fuseaux longilignes et potelés. L'agitation frénétique des lieux d'amusement de ce Paris fin de siècle est mise en évidence par un trait net, des couleurs fondues au contraste marqué, fortement influencés par la technique de l'estampe japonaise. Lorsque la technique permit l'impression en quatre couleurs, il révolutionna le style de l'affiche : Yvette Guilbert, La Goulue, Valentin le Désossé y sont dessinés à gros traits, rehaussés de couleurs vives à l'opposition franche.

L'abus d'alcool l'emporta en 1901, à l'âge de 37 ans, après plusieurs crises de delirium tremens qui le firent séjourner en maison de santé. Sa mère légua l'oeuvre de son fils au musée d'Albi.



SES PRINCIPALES OEUVRES :

Artilleur sellant son cheval, 1879, musée d'Albi
Cheval blanc, 1881, musée d'Albi
Gazelle, 1881, musée d'Albi
Le Comte Alphonse de Toulouse- Lautrec conduisant son mail- coach à Nice, 1881, Petit Palais, Paris
La Comtesse de Toulouse- Lautrec à Malromé, 1883, musée d'Albi
Artilleur et femme, 1886, musée d'Albi
Portrait de Van Gogh, 1887, Musée National Vincent Van Gogh, Amsterdam
Jeune fille aux cheveux roux, 1889, collection particulière, Zurich
La blanchisseuse, 1889, collection particulière, Paris
Henry Samary, 1889, musée d'Orsay, Paris
Gueule de bois ou la Buveuse, 1890
La femme aux gants, 1891, musée d'Orsay, Paris
Femme se coiffant, 1891, musée d'Orsay, Paris
Justine Dieuhl, 1891, musée d'Orsay, Paris
La Goulue entrant au Moulin-Rouge, 1892, Museum Of Modern Art, New- York
La troupe de Mlle Églantine, 1892, collection particulière, Turin
Jane Avril dansant, 1892, musée d'Orsay, Paris
Le lit, 1892, musée d'Orsay, Paris
Au Moulin-Rouge, 1892, Art Institute, Chicago
Femme au boa noir, 1892, musée d'Orsay
M. Boileau au café, 1893, musée de Cleveland
Femme qui tire son bas, 1894, musée d'Orsay, Paris
Marcelle, 1894, musée d'Albi
Au salon de la rue des Moulins, 1894, musée d'Albi
Coureur cycliste, 1894, musée du Louvre
May Belfort, 1895, musée de Cleveland
Missia Natanson, 1895, collection Niarchos, Paris
Clownesse Cha-U-Kao, 1895, musée d'Orsay, Paris
La danse au Moulin-Rouge, 1895, musée d'Orsay, Paris
La danseuse mauresque, 1895, musée d'Orsay, Paris
Seule, 1896, musée d'Orsay
La toilette, 1896, musée d'Orsay, Paris
Au lit, 1896, Courtauld Institute, Londres
Paul Leclercq, 1897, musée d'Orsay, Paris
Modiste, 1900, musée d'Albi
Au Rat-Mort, 1899, Courtauld Institute, Londres

Affiches :

Au Moulin-Rouge, la Goulue, 1891
Aristide Bruant dans son cabaret, 1891
Aristide Bruant aux Ambassadeurs, 1892
Le Divan Japonais, 1892
Jane Avril au Jardin de Paris, 1893
Réjane et Galipaux dans "Madame Sans- Gêne", lithographie, 1894
La Revue Blanche, 1895
La troupe de Mlle Églantine, 1896

album de lithographies Elles, 1896
illustration des Histoires naturelles de Jules Renard, 1899
série des Scènes de cirque, 1899
décoration de la baraque de la Goulue à la Foire du Trône, 1895, panneaux, musée d'Orsay, Paris



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