Ce bâton surmonté d'une petite traverse (Littré) que les vieillards ou les infirmes utilisent pour s'aider à marche à toujours eu le sens d'un auxiliaire, d'un soutien. La béquille est donc révélatrice d'une faiblesse, mais cette faiblesse peut être authentique ou simulée. Authentique, elle est celle des vieillards fatigués par l'âge, et, en ce sens, la béquille figure souvent dans les représentations de Saturne, dieu du Temps ; simulée, elle est celle des sorcières, des voleurs, des pirates qui affectent une faiblesse extérieure, pour mieux dissimuler leur force maléfique. Nous retrouvons également ici le sens du pied, conçu comme un symbole de l'âme, dont l'infirmité physique n'est que la marque extérieure d'une infirmité spirituelle. Pourtant, la béquille peut aussi avoir un sens positif : elle est ce qui nous aide à avancer, symbole de la volonté qui s'interdit d'accepter une situation donnée, sans chercher à la modifier ; symbole aussi de la foi (pensons aux béquilles qu'abandonne l'infirme de l'Évangile quand a eu lieu le miracle) ; bref, de la lumière spirituelle qui guide des pas chancelants ou compense une défaillance physique... |