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Le Petit Handinaute : handisport - Sports mécaniques

SPORTS MÉCANIQUES

image : un kart lancé à pleine vitesse...

Le handikarting, vitesse et pureté de la trajectoire. La multiplication des pistes répond à un engouement réel pour le kart : vif, rapide et valorisé par les pilotes professionnels de Formule 1 qui en assurent la promotion, les "indoor" aménagées dans des hangars désaffectés sont maintenant nombreuses pour rendre cette activité possible en toutes saisons. Les normes de sécurité sont- elles toujours respectés par les exploitants de ces pistes ? L'aspect fête foraine qui prédomine prendrait- il le pas sur l'initiation, la maîtrise d'un engin potentiellement dangereux et la nécessaire adaptation de la discipline à un handicap, fut- il mineur ? La pratique sur les circuits privés est soumise au bon vouloir du gérant et est aux risques de la personne ; vous n'êtes pas couvert(e) par votre assurance dans ce cas, le karting étant classé "sport à risques". Cela pour préciser que nous parlerons ici de cette discipline pratiquée dans les règles et avec toute la sécurité indispensable.

Image : Un kart loisir 125 cm3. Remarquez le pot d'échappement catalytique, la batterie qui alimente le démarreur électrique et les freins à disques à l'avant

Le handikarting est praticable en monoplace par les handicapés des membres inférieurs, les amputés d'un membre supérieur et les tétraplégiques. Les aveugles et les handicapés mentaux pratiquent en biplace. Dans tous les cas, un certificat d'aptitude à ce sport est délivré par un médecin puis transmis à la Fédération Française Handisport qui délivre la licence Handikart. Il n'y a pas d'âge minimum (ou maximum) imposé, et on y mélange gentiment les sexes. Pour pratiquer dans un club, il est nécessaire d'acquitter un droit de piste d'environ 1.000 FF pour la saison. Seul le circuit est permis : ne tentez pas le hors piste, vous casseriez le matériel (et probablement vous- même par la même occasion). Notez que handis et valides ne peuvent pas tourner ensemble, en compétition comme en entraînement. Enfin, s'asseoir dans le baquet est un exercice malaisé qui nécessite l'aide d'un assistant ; l'utilisation d'un tabouret est d'une grande aide pour effectuer un transfert.


Les engins utilisés par les handicapés des membres inférieurs sont équipés de commandes manuelles d'accélération et de freinage. Les pédales sont généralement retirées pour laisser place à des repose- pieds. Il est indispensable que les jambes des paraplégiques soient maintenues par des sangles ou des tendeurs et équipées de jambières. Sous l'effet des virages, une guibolle non maintenue peut sortir du cockpit et risque une fracture au mieux, un arrachement au pire... La direction d'un kart, difficile à manoeuvrer à l'arrêt, devient très précise en roulant. On vire avec de légers coups de volant, ce qui rend facile l'utilisation des commandes manuelles. Certains engins sont équipés du même type de manette pour accélérer (à gauche du volant) et freiner (à droite). Pour éliminer un risque fâcheux de confusion, on utilise un levier différent pour commander le freinage.

Image : La commande d'accélérateur de ce handikart est une manette qui est tirée avec les doigts vers le volant sans que la main ne lâche ce dernier.

Image : Commande de freinage par levier à tirer avec les doigts vers le volant. Remarquez le réservoir d'essence placé entre les jambes du pilote !

Quelques qualités essentielles sont très utiles, et même nécessaires : la maîtrise de soi et de ses gestes, la convivialité, une grande capacité d'attention. Il faut savoir respecter l'autre tout en ayant l'esprit de compétition. Le kart est un sport individuel, et c'est chacun pour soi. Pour autant, ce n'est pas du stock- car : une manoeuvre déplacée et c'est un concurrent dans le décor, parfois blessé si ce n'est pire ! En course, il est d'ailleurs obligatoire de disposer d'une ambulance et d'un service de sécurité. Les véhicules de kart ont quatre roues, les deux situées à l'arrière étant motrices et équipées de freins. En compétition, seul le moteur de 100 cm3 est autorisé, avec un embrayage permettant le démarrage au moyen d'un démarreur externe. Le kart ne peut être démarré qu'au stand ou sur la grille de départ ; si le concurrent cale le moteur durant la course, son assistant ne peut intervenir que pour évacuer la piste, le compétiteur étant éliminé. La course consiste à arriver le premier au terme d'un nombre déterminé de tours du circuit. Une variante, l'enduro : plusieurs pilotes se relayent au volant pour une course qui peut durer 24 heures !


image : Un virage à gauche serré. Le pilote compense la force centrifuge en inclinant la tête vers l'intérieur de la courbe...


Kart et pneumatiques doivent être homologués selon les spécifications de la Fédération de Karting de la Fédération Française du Sport Automobile. Il en est de même pour l'équipement du pilote : combinaison, protège- côtes, bottines, gants, casque intégral, minerve. Les coureurs utilisent tous le même type de gomme sur leurs engins. Dans les compétitions de ligue, l'achat des pneumatiques doit être effectué obligatoirement sur le circuit. En handisport, il n'y a de compétition ni nationale ni internationale, bien que la discipline soit répandue dans de nombreux pays. Le kart de compétition est un sport cher. Un engin coûte de 15.000 FF jusqu'à 35.000 FF, et un moteur 12.000 FF. Ajoutez un train de pneumatiques à 1.200 FF pour chaque course, la préparation du moteur, l'entretien mécanique... Un poids est imposé pour tout le monde : 140 kg, kart, et pilote inclus. On ajoute du lest le cas échéant, et la pesée a lieu avant et après la course. En pratique "loisirs", on peut utiliser un engin équipé d'un moteur de 125 cm3 qui peut dépasser les 140 km/h en vitesse de pointe, et est équipé d'un démarreur électrique embarqué et de freins sur les quatre roues ; il devrait être prochainement intégré à la compétition du fait notamment d'une meilleure sécurité engendrée par ses qualités de freinage.

Le loisir, c'est le choix de Francis Reyes, pilote et Président du Club Martégal Handisport (BP13 - 13820 Ensuès la Redonne) : "le karting permet d'oublier, l'espace d'un moment, que l'on est en fauteuil roulant. C'est un moyen de se faire plaisir au volant d'un bolide et cela de manière autonome. J'aime cette sensation de faire corps avec la machine, de liberté et de valorisation vis- à- vis des autres. Le kart, c'est très nerveux, très pointu. Il faut rester maître de sa trajectoire. La vitesse est impressionnante : quand on est à 120 km/h on est scotché au sol ! Les courbes peuvent être négociées à des vitesses surprenantes, les reprises sont époustouflantes. Cette manière de piloter permet également de modifier la façon de conduire son propre véhicule sur la route. On négocie les virages d'une manière plus appropriée, on acquiert une meilleure assurance dans la conduite. Il faut néanmoins apprendre à connaître ses limites : on se prend vite au jeu, grisé par la vitesse et les sensations qu'elle procure. C'est sur la piste que l'on peut se confronter aux autres, à tous les autres..."

Image : Débris de gomme, goudron, poussières, herbe se sont agglomérés sur ce pneu. Son échauffement est élevé en course et il faut surveiller la pression de gonflage pour la réduire après les premiers tours de piste...



Paralysie et moto peuvent faire bon ménage ! Oui, bon, on sait que des milliers de motards sont passés de deux à quatre roues sans l'avoir expressément souhaité... Pourtant, on ne peut ignorer qu'il est possible aux handicapés des membres inférieurs, voire même aux tétraplégiques, de prendre leur pied à moto...

image : Un look d'enfer pour ce side-car... et un excellent moyen d'engager la conversation !...


Ne vous demandez plus comment un paraplégique peut utiliser un deux- roues, vous avez la réponse ci- dessus : en lui adjoignant une troisième roue, celle d'un side- car ! Ce dernier sert à transporter... le fauteuil roulant. Quelques tétraplégiques l'ont même fait adapter pour y accéder sans quitter leur fauteuil électrique et pilotent grâce à un guidon asservi à la fourche. Certains engins à deux roues arrière, appelés "trikes", sont aussi utilisés. La base peut être un modèle standard, et on peut se passer d'une boîte de vitesse automatique, encore plus rare sur les motos que sur les voitures. Le changement de vitesse, habituellement effectué par un levier situé sous le pied droit, est alors transféré au guidon, par câble ou dispositif électrique. L'adjonction d'une marche arrière à la boite standard facilite les manoeuvres mais n'est ni indispensable ni obligatoire. Le frein de secours devient lui aussi manuel.

image : Tableau de bord d'une moto adaptée. Remarquez les boutons verts sous la poignée de l'accélérateur qui servent à monter et descendre les vitesses, et le levier de frein de secours en bas à droite...


L'ensemble des adaptations doit évidemment être homologué par notre sacro- saint Service des Mines. Les coûts d'une commande de boîte par câble et du frein de secours manuel sont marginaux par rapport au prix d'un side- car... Le permis moto pour les personnes handicapées comporte les mêmes catégories que pour les valides. Son obtention obéit maintenant aux mêmes règles que celles qui régissent la voiture : une visite médicale déterminant l'aptitude à monter seul sur une moto (ainsi que les aménagements obligatoires) suivie d'un examen technique sur une machine adaptée. C'est là que réside un gros problème : il n'existe pas en France de moto- école préparant à ce type d'examen. L'association Handicap Motards Solidarité est la seule de notre pays à conseiller et assister les candidats. Sinon vous devrez acheter et faire équiper une moto en espérant obtenir ensuite le droit de rouler avec...

image : Un side-car qui ne sert pas qu'aux passagers !


La moto présente quelques risques particuliers pour les para et tétraplégiques. C'est une activité physique, rapidement fatigante lorsque l'on n'a pas une bonne musculature des membres inférieurs et du buste. La prudence est aussi recommandée dans les virages, la force centrifuge ayant tendance à éjecter le pilote qui peut difficilement compenser. Une selle à maintien latéral est alors indispensable aux paraplégiques touchés haut. Il est aussi hautement recommandé d'attacher les jambes à la moto pour éviter qu'elles ne décident de prendre l'air au risque d'une fracture ou d'un arrachement. La capacité de pilotage doit être appréciée en fonction du niveau d'atteinte médullaire et de son éventuelle aggravation du fait des cahots de la route ; cette perception, individuelle et très subjective, n'est pas aisément évaluable. Il faut enfin être attentif à l'apparition d'escarres. Tout cela doit vous encourager à adopter une pratique de la moto plaisir, sur route exclusivement. Et laisser aux barjots le circuit et le cross. Le side- car a un coté convivial, il attire le regard et incite à la relation avec l'autre. C'est un excellent moyen de se faire des amis et Dieu sait que, plus que la performance, c'est ce qui compte avant tout dans l'esprit motard !

Pour en savoir plus : Handicap Motards Solidarité (merci à Jean-Marc Deloy !). Une galerie de motos adaptées se visite à la National Association for Bikers with a Disability britannique.



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