
![]() Le handikarting, vitesse et pureté de la trajectoire. La multiplication des pistes répond à un engouement réel pour le kart : vif, rapide et valorisé par les pilotes professionnels de Formule 1 qui en assurent la promotion, les "indoor" aménagées dans des hangars désaffectés sont maintenant nombreuses pour rendre cette activité possible en toutes saisons. Les normes de sécurité sont- elles toujours respectés par les exploitants de ces pistes ? L'aspect fête foraine qui prédomine prendrait- il le pas sur l'initiation, la maîtrise d'un engin potentiellement dangereux et la nécessaire adaptation de la discipline à un handicap, fut- il mineur ? La pratique sur les circuits privés est soumise au bon vouloir du gérant et est aux risques de la personne ; vous n'êtes pas couvert(e) par votre assurance dans ce cas, le karting étant classé "sport à risques". Cela pour préciser que nous parlerons ici de cette discipline pratiquée dans les règles et avec toute la sécurité indispensable.
![]() Kart et pneumatiques doivent être homologués selon les spécifications de la Fédération de Karting de la Fédération Française du Sport Automobile. Il en est de même pour l'équipement du pilote : combinaison, protège- côtes, bottines, gants, casque intégral, minerve. Les coureurs utilisent tous le même type de gomme sur leurs engins. Dans les compétitions de ligue, l'achat des pneumatiques doit être effectué obligatoirement sur le circuit. En handisport, il n'y a de compétition ni nationale ni internationale, bien que la discipline soit répandue dans de nombreux pays. Le kart de compétition est un sport cher. Un engin coûte de 15.000 FF jusqu'à 35.000 FF, et un moteur 12.000 FF. Ajoutez un train de pneumatiques à 1.200 FF pour chaque course, la préparation du moteur, l'entretien mécanique... Un poids est imposé pour tout le monde : 140 kg, kart, et pilote inclus. On ajoute du lest le cas échéant, et la pesée a lieu avant et après la course. En pratique "loisirs", on peut utiliser un engin équipé d'un moteur de 125 cm3 qui peut dépasser les 140 km/h en vitesse de pointe, et est équipé d'un démarreur électrique embarqué et de freins sur les quatre roues ; il devrait être prochainement intégré à la compétition du fait notamment d'une meilleure sécurité engendrée par ses qualités de freinage.
Paralysie et moto peuvent faire bon ménage ! Oui, bon, on sait que des milliers de motards sont passés de deux à quatre roues sans l'avoir expressément souhaité... Pourtant, on ne peut ignorer qu'il est possible aux handicapés des membres inférieurs, voire même aux tétraplégiques, de prendre leur pied à moto... ![]() Ne vous demandez plus comment un paraplégique peut utiliser un deux- roues, vous avez la réponse ci- dessus : en lui adjoignant une troisième roue, celle d'un side- car ! Ce dernier sert à transporter... le fauteuil roulant. Quelques tétraplégiques l'ont même fait adapter pour y accéder sans quitter leur fauteuil électrique et pilotent grâce à un guidon asservi à la fourche. Certains engins à deux roues arrière, appelés "trikes", sont aussi utilisés. La base peut être un modèle standard, et on peut se passer d'une boîte de vitesse automatique, encore plus rare sur les motos que sur les voitures. Le changement de vitesse, habituellement effectué par un levier situé sous le pied droit, est alors transféré au guidon, par câble ou dispositif électrique. L'adjonction d'une marche arrière à la boite standard facilite les manoeuvres mais n'est ni indispensable ni obligatoire. Le frein de secours devient lui aussi manuel. ![]() L'ensemble des adaptations doit évidemment être homologué par notre sacro- saint Service des Mines. Les coûts d'une commande de boîte par câble et du frein de secours manuel sont marginaux par rapport au prix d'un side- car... Le permis moto pour les personnes handicapées comporte les mêmes catégories que pour les valides. Son obtention obéit maintenant aux mêmes règles que celles qui régissent la voiture : une visite médicale déterminant l'aptitude à monter seul sur une moto (ainsi que les aménagements obligatoires) suivie d'un examen technique sur une machine adaptée. C'est là que réside un gros problème : il n'existe pas en France de moto- école préparant à ce type d'examen. L'association Handicap Motards Solidarité est la seule de notre pays à conseiller et assister les candidats. Sinon vous devrez acheter et faire équiper une moto en espérant obtenir ensuite le droit de rouler avec... ![]() La moto présente quelques risques particuliers pour les para et tétraplégiques. C'est une activité physique, rapidement fatigante lorsque l'on n'a pas une bonne musculature des membres inférieurs et du buste. La prudence est aussi recommandée dans les virages, la force centrifuge ayant tendance à éjecter le pilote qui peut difficilement compenser. Une selle à maintien latéral est alors indispensable aux paraplégiques touchés haut. Il est aussi hautement recommandé d'attacher les jambes à la moto pour éviter qu'elles ne décident de prendre l'air au risque d'une fracture ou d'un arrachement. La capacité de pilotage doit être appréciée en fonction du niveau d'atteinte médullaire et de son éventuelle aggravation du fait des cahots de la route ; cette perception, individuelle et très subjective, n'est pas aisément évaluable. Il faut enfin être attentif à l'apparition d'escarres. Tout cela doit vous encourager à adopter une pratique de la moto plaisir, sur route exclusivement. Et laisser aux barjots le circuit et le cross. Le side- car a un coté convivial, il attire le regard et incite à la relation avec l'autre. C'est un excellent moyen de se faire des amis et Dieu sait que, plus que la performance, c'est ce qui compte avant tout dans l'esprit motard ! |