
OU LA TRAVIATA DES CHORÉGIES D'ORANGE Oui, le mistral est au rendez-vous pour cette répétition générale. Il soulève les jupes et rafraîchit les ardeurs. France-Musique en profite pour affûter ses micros. Sur scène, un décor minimaliste de douze chaises, six bancs et un fauteuil ; les tables arriveront avec les chanteurs. Une image représentant un rideau et des loges de théâtre est projetée sur le mur de fond de scène, au cas où l'on aurait oublié que nous sommes à l'Opéra ; l'effet est un peu lourd ! Il semble aussi que le metteur en scène ait trouvé qu'il n'y avait pas assez de colonnes dans le théâtre antique d'Orange, puisqu'il nous en a rajouté quelques-unes à l'acte II; cela n'a pas suffit pour lui insuffler un peu de vie tant il nous parut long. ![]() Une fois de plus, le plaisir est venu des chanteurs. Ruth-Ann Swenson est une Traviata radieuse et tourmentée, Marcelo Alvarez un Alfredo un peu statique mais vocalement brillant, et Edouard Tumajian remplaçait avec brio Renato Bruson dans le rôle de Germont ; Orange reste fidèle au vieux démon de la doublure de secours qui a aussi frappé dans Norma. Saluons aussi la virtuosité de Eric Vu An dans son pas de deux exécuté sur une longue et étroite table de jeu. Le public d'une générale orangeoise est très bigarré, constitué d'habitués qui se saluent, tous munis de coussins et de plaids pour se protéger de la dureté des gradins et de la morsure du vent. On remarquait aussi la tonsure naturelle et si peu démocrate du maire de la ville. Malgré cela, l'accueil du public est excellent. Les quelques personnes en fauteuil roulant présentes ce soir là étaient très satisfaites de leurs places, de l'acoustique et de la visibilité, et c'est très bien ! |