
OU LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE D'ANTHÉRON Ce bourg tranquille et perdu des Bouches-du-Rhône s'agite un mois par an pour accueillir des milliers d'amateurs de piano venus entendre ses plus grands virtuoses. Nombreux sont les habitants qui participent à son organisation, en assurant qui le contrôle des billets, qui le stand des Tee-shirts et cendriers, qui la manutention des instruments... ![]() Au fil des années, le piano qui régnait en maître, a du faire un peu de place à la musique symphonique, aux oeuvres vocales et au clavecin, entre autres. C'est ainsi que l'on pouvait entendre des oeuvres chorales religieuses et profanes de Francis Poulenc, dans une interprétation enchanteresse du Choeur de chambre Accentus ; son chef, Laurence Equilbey, n'hésite pas à déplacer ses choristes pour obtenir un parfait équilibre des registres des voix, et tirer profit de l'acoustique de l'église locale. La musique orchestrale n'était par contre guère au niveau d'un festival international, en ce 28 juillet ; la faute en revient au Collegium Musicum, composé de musiciens danois, et à son chef Michael Schonwandt. Cet orchestre est médiocre, d'une couleur instrumentale terne, avec des cuivres "pouap pouap". Il nous infligea une 40e symphonie de Mozart ennuyeuse à souhait, et dans le concerto "Jeune Homme", le soliste Frank Braley resta prisonnier d'une direction conventionnelle. En effet, l'oeuvre n'était pas dirigée du piano par le soliste, lequel aurait peut-être secoué la routine dans laquelle cette formation semble engluée. On peut aussi s'interroger sur le travail effectué durant les répétitions, en voyant le chef compter les mesures sur ses doigts pour l'orchestre pendant les cadences ! La deuxième partie du concert, consacrée à Chopin, fut éclairée par la virtuosité époustouflante de Kun Woo Paik, notamment dans les variations sur "La ci darem la mano", qui accentuait encore le coté "plan plan" de l'orchestre. Restent aussi l'ambiance sylvestre du parc de Florans, ses cigales, ses grillons, ses platanes centenaires... Deux jours plus tard, nous terminions notre tour des festivals par un récital de Kenneth Gilbert. Ce jour là, dans le cloître de l'abbaye de Silvacane, ce grand virtuose du clavecin n'était plus que l'ombre de lui-même face à un public poli : fausses notes, erreurs et ruptures de tempi se succédèrent au fil des oeuvres de Haendel, Bach et Rameau. Chant du cygne ou fatigue estivale ? Nous nous consolerons en écoutant ses disques... Comme prévu, l'accès au Parc de Florans était satisfaisant, l'église Saint- Louis ne posait aucun problème et le cloître de l'Abbaye de Silvacane restait inaccessible aux personnes en fauteuil roulant. Conseillons toutefois aux organisateurs d'aménager un accès par les portes donnant sur l'extérieur du bâtiment; cela ne doit pas être bien difficile à faire, même dans un monument historique... |